INTRODUCTION

Ce Blog est dédié aux philatélistes et erinnophilistes passionnés par l'histoire 
de l'épopée napoléonienne.

Catalogue philatélique de 3879 timbres et vignettes. 
Dictionnaire philatélique de 131 contemporains.
Chronologie philatélique de 71 événements.


Les chapitres du blog

  • 10  -  Introduction et Préface.                           
Histoire de Napoléon par l'Art et la Philatélie.
Dictionnaire philatélique des contemporains de Napoléon
Chronologie philatélique des événements de 1769 à 1821
Catalogue philatélique par Pays 
Autres


PRÉFACE



Bonaparte qui avait un goût pour les Arts et avait compris qu'il pouvait contrôler les artistes s'ils étaient flattés, reconnus et surtout rétribués, s'imposa comme leur protecteur.

Les Salons de Peinture organisés tous les deux ans à Paris, dans le Grand Salon du Louvre, jouent un rôle important et deviennent dès 1802 des événements artistiques incontournables. C'est lors de ces salons que sont présentés au Public les toiles commandées par le pouvoir qui représentent les principales batailles et événements à la gloire du premier Consul puis de l'Empereur. Toutes ces œuvres de propagande contribuèrent à construire le mythe et la légende de Napoléon. " Bonaparte à Arcole" et " La bataille des pyramides" du baron Gros, ou "Bonaparte franchissant le col du Grand Saint-Bernard" de David, ou "La bataille d'Austerlitz" de Gérard, ou encore les toiles de Vernet représentant l'Empereur aux batailles d'Iéna, de Friedland et de Wagram sont des images qui ont traversées le temps et enrichies nos manuels d'Histoire et notre imaginaire.

La véracité historique de certains de ces tableaux est à prendre avec beaucoup de prudence. La réalité à parfois été enjolivée pour servir de propagande, le cas le plus flagrant et le plus fameux, c'est le tableau de David qui représente Bonaparte franchissant le col du Grand-Saint-Bernard. David peint Bonaparte sur un fringant cheval, hors c'est en réalité sur une mule qu'il franchit le col avec beaucoup de mal. La légende dit même qu'il faillit tomber dans un ravin, sa mule ayant trébuchée. Delaroche et Thévenin qui eux aussi représentèrent Bonaparte au col du Grand-Saint-Bernard, furent plus fidèle avec la réalité historique.


La philatélie en commémorant la Révolution Française et l'Empire à reproduit plus ou moins fidèlement un grand nombre de ces œuvres. Les moments forts des émissions philatéliques furent :
  • Le bicentenaire de la naissance de Bonaparte en 1969
  • Les cent cinquante ans de sa mort en 1971
  • Le bicentenaire de la Révolution en 1989
  • Le bicentenaire du Sacre et du début de l'empire en 2004
  • Le bicentenaire de la bataille de Trafalgar en 2005
  • Le bicentenaire de la bataille de Waterloo en 2015
De très nombreux pays et territoires ont ainsi commémorés l'homme, sa vie, ses contemporains, ses réalisations, ses victoires militaires ou ses défaites. A tel point qu'il est possible de raconter l'histoire de Napoléon et de son époque en l’illustrant à chaque moment par des timbres-poste.

Les graveurs de timbres ont parfois pris des liberté avec les œuvres originales des artistes, soit en stylisant l'oeuvre choisie, soit en en reproduisant qu'une partie tronquée, soit en la reproduisant comme reflétée par un miroir, soit encore en la modifiant à leur convenance. Dans certains cas il est possible de penser qu'il s'agit d'erreurs de reproduction, comme par exemple le timbre émis en 1950 par la France représentant un autoportrait du peintre Jacques-Louis David qui est à l'envers par rapport à l'original.


Les dates erronées sont un type d'erreurs que l'on peut également rencontrer. Le timbre français de 1954 fêtant les 150 ans de la Légion d'Honneur est paru en date du 16 août 1954, hors la première fois qu'il y eut une distribution des croix est le 15 juillet 1804 dans la basilique des Invalides. Ce n'est que le 16 août 1804 qu'il y eut une distribution de Légion d'Honneur au camp de Boulogne. Ce n'était dons pas la première distribution.


Les erreurs peuvent être encore plus grave avec par exemple le timbre de 1964 devant représenter Nicolas Corvisart, le célèbre chirurgien de Napoléon, qui par erreur du graveur reproduit le portrait de son neveu Louis René Ferdinand Corvisart au lieu de celui de son oncle.
Pour prendre un autre exemple, analysons le timbre français émis en 1972, représentant Bonaparte au pont d'Arcole, timbre librement inspiré du tableau du baron Gros qui cumule un nombre impressionnant d'erreurs. Tout d'abord le drapeau tenu par le général Bonaparte ne pouvait être tricolore puisque le drapeau de la cinqième demi-brigade d'infanterie était à quatre losanges, deux bleus et deux rouges encadrant un faisceau de licteur vert. Ensuite l'uniforme de général d'artillerie que portait Bonaparte lors de la bataille ne comportait qu'une seule rangée de boutons et non deux, puis enfin d'après les témoignages Bonaparte était tête nue et portait des gants comme représenté sur le tableau original du baron Gros. Cela fait beaucoup d'inexactitudes pour un timbre français sensé commémorer un fait historique connu ! A tel point que l'on peut se demander si l'auteur du timbre  ne s'est par inspiré du tableau de Thévenin représentant le général Augereau chargeant à Arcole plutôt que celui de Gros représentant Bonaparte.


Le graveur peut aussi prendre quelques liberté avec la reproduction de l'œuvre dont il s'inspire. Le timbre de 1973 représentant le Sacre de Napoléon en est un bon exemple. Si l'on compare l'œuvre originale de Jacques-Louis David au timbre, on peut remarquer facilement que la crosse de l'évêque est plus proche de la tête de Napoléon sur le timbre par rapport au tableau original. Joséphine est également plus rapprochée de Napoléon.



Nous avons jusqu'à présent montré des erreurs sur des timbres français, il n'y a bien sûr pas que les français qui ont commis des erreurs. Le timbre émis par l'émirat de Ras Al Khaima en 1972, inspiré de l'oeuvre du peintre allemand Franz Kruger, représentant le Tsar Alexandre 1er à cheval est à l'envers comparé au tableau original.



Citons ici un dernier exemple amusant. Le timbre d'Ascencion, paru en 2001, représentant l'amiral George Cockburn, qui commanda la flotte qui emmena Napoléon à Sainte-Hélène, inspiré d'un tableau de W Beechey. Le graveur n'ayant pas assez de place dans son cadre pour positionner le bras droit comme sur le tableau original, le replia vers le corps.

Les exemples sont nombreux et vous pourrez les découvrir par vous-même en comparant les timbres émis aux tableaux originaux des artistes.

Un thématique n'est pas facile à constituer, les limites sont souvent difficiles à trouver. En effet, par exemple, ou s'arrêter concernant les contemporains de Napoléon ? A ceux qui ont eut un rapport de près ou de loin avec lui, ou à tous ceux qui ont marqués la même période historique ?

De même la Révolution fait-elle réellement partie du sujet ? Je le pense si l'on se souvient que le jeune Bonaparte, âgé de 23 ans, assista à la prise des Tuileries par le peuple le 20 juillet 1792, comme simple spectateur c'est vrai, mais il était là !  N'oublions pas non plus que Robespierre fut un temps son protecteur.
Fallait-il aussi lister tous les timbres représentant les lieux ou Napoléon avait séjourné ou était passé, même si le timbre ne représentait pas le paysage ou le monument à la même époque ? 
Je n'ai pas forcément répondu à toutes ces questions dans le catalogue philatélique proposé qui est néanmoins le plus complet possible et qui sera mis à jour très régulièrement avec les nouveautés du monde entier.

Ce que je souhaite, c'est que les lecteurs de ce travail prennent plaisir à le consulter et à y revenir et qu'ils y trouvent, je l'espère, de l'aide pour leurs recherches et leurs collections. 


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Histoire de Napoléon
à travers l'Art et la Philatélie



Cette partie narre l'histoire de l'épopée illustré par des timbres qui pour la plupart sont des reproductions d’œuvres d'artistes.


Détail des chapitres présentés :

  1. La campagne d'Italie (Arcole, Rivoli)
  2. L'expédition d'Egypte (Pyramides, Aboukir)
  3. Le coup d'Etat du 18 brumaire

  1. La deuxième campagne d'Italie (Marengo)
  2. Bonaparte président de la République italienne
  3. Bonaparte Consul à vie

  1. Le sacre
  2. La famille impériale
  3. Napoléon, roi d'Italie
  4. La campagne de 1805 (Ulm, Austerlitz)
  5. La bataille navale de Trafalgar
  6. La campagne de 1806 (Iéna)

  1. La campagne de Pologne (Eylau, Friedland)
  2. Tilsit
  3. La guerre d'Espagne
  4. La campagne de 1809 (Rastibonne, Essling, Wagram)
  5. Le divorce
  6. Le mariage avec Marie-Louise d'Autriche

  • 25 - L'EMPIRE 3 ème partie (1811-1814)
  1. La naissance d'un héritier

  • 26 - LES CENTS JOURS (1815-1815)
  • 27 - L'EXIL (1815-1821)

BONAPARTE (1769-1800)



Bronze d'Antoine Louis Barye



Napoleone di Buonaparte naît le 15 août 1769 à Ajaccio en Corse. C'est le deuxième fils de Carlo Maria di Buonaparte et de Maria Létizia Romalino.



Dans la famille depuis 1682, la maison Bonaparte, maison natale de Napoleon, resta dans la famille jusqu'en 1923, date à laquelle le Prince Victor-Napoléon la donna à l'Etat. La maison fut transformée en musée national en 1967.


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Joseph son frère aîné était né en 1768, après lui viendront trois frères et trois sœurs, Lucien en 1775, Élisa en 1777, Louis en 1778, Pauline en 1780, Caroline en 1782 et Jérôme en 1784. 


Maria-Létizia Ramolino, la mère de Napoleon, était d'origine italienne. Son père Carlo Maria Buonaparte, corse, avait fait ses études de juriste en Italie. Après avoir été du côté des patriotes corses de Paoli il rejoindra la République française et sera élu le 8 juin 1777 Député de la noblesse de Corse.



Le 1er janvier 1778, Napoleone et son frère ainé Joseph entrent au collège d'Autun. Un peu plus d'un an plus tard, le 15 mai 1779, Napoleone est admis au collège militaire de Brienne, succursale de l'école militaire de Paris.


Rêveur et mélancolique, un peu timide, le jeune Napoléon se réfugie dans le travail et la lecture des grands classiques. Napoléon, qui s'exprime avec difficulté en français malgré son goût prononcé pour la langue , est très fort en mathématiques.



Le 22 octobre 1784, le Roi Louis XVI, accorde à Napoléon une place de cadet gentilhomme à l'école militaire de Paris qu'il rejoindra dès fin octobre. A partir de ce moment là son ascension fut rapide.

Son père meurt en février 1785, il prend alors le rôle de chef du clan familial et se rend fréquemment en Corse. Le destin de son île natale est la seule chose qui l'intéresse réellement.


Il est nommé lieutenant en second le 1er septembre 1785 au régiment d'artillerie de La Fère. Il sera nommé lieutenant en premier le 1er avril 1791 au 4ème régiment d'artillerie.

La Révolution le surprend, étant opposé aux désordres, il reste à distance en continuant à lutter pour le rattachement de la Corse à la France contre les "paolistes" qui prônent l'indépendance de l'île. En juin 1793, Napoléon s'étant rallié à la France, doit fuir son île natale, il s'exile avec sa famille à Toulon.


Napoléon est élevé au grade de capitaine en second le 10 juillet 1792.



Au siège de Toulon, en septembre 1793, il commande l'artillerie face aux assiégeants anglais. Il va acquérir la notoriété en remportant la victoire et en faisant battre en retraite les anglais.
Il est alors nommé le 22 décembre 1793 général de brigade par un représentant du comité de Salut Public en mission qui n'est autre que le frère de Robespierre.


Bonaparte apparaît aux yeux de la Convention comme "L'homme" de Robespierre.


Lors de la chute de Robespierre, Bonaparte est gardé aux arrêts à Nice pendant deux semaines, avant d'être relâché faute de preuves. Son emprisonnement au fort carré d'Antibes est une légende.


Libre le 20 août 1794, Bonaparte n'a pas été réintégré et n'a pas d'affectation. Il ne recevra une nouvelle affectation que le 7 mai 1795 dans l'armée de l'Ouest pour réprimer l'insurrection des Chouans. Cette affectation ne lui plaisant pas, il se fait porter malade.


Pendant cette période désœuvrée Napoléon rencontre son premier amour, Désirée Clary, fille d'un riche fabricant et marchand de soie. Ils se fianceront officiellement le 21 avril 1795.


Début octobre 1795, les insurgés royalistes menacent la Convention. Barras à la tête des troupes de la Convention, fait appel à des officiers républicains sûrs dont Brune, Murat et Bonaparte.
Bonaparte en bon artilleur a l'idée d'envoyer le général Murat chercher des canons. Ils les disposent autour de l'église Saint-Roch. Les colonnes d'insurgés commandés par des chefs médiocres sont mises en déroute.
L'initiative et la réussite de Bonaparte sont récompensés par une suite de promotions, il est d'abord nommé commandant en second de l'armée d'intérieur, puis général de division d'artillerie et enfin général en chef de l'armée d'intérieur.
L'insurrection ayant eut lieu le 13 vendémiaire, Bonaparte est appelé le "général Vendémiaire".



La gloire nouvelle du jeune général de 26 ans lui ouvre les portes des salons et des grandes réceptions. Il rencontre Rose Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais, qu'il appellera Joséphine. Il tombe très vite sous le charme de cette veuve mondaine à tel point qu'il rompt ses fiançailles avec Désirée. Bonaparte follement amoureux de Joséphine réussi à la convaincre de l'épouser. Le 9 mars 1796 le mariage se déroule à la mairie avec comme témoin le Directeur Barras.



Bonaparte n'aura que deux jours pour profiter de son épouse, car le Directeur Carnot l'avait nommé le 2 mars commandant en chef de l'armée d'Italie. Il part donc pour Nice rejoindre son armée. 



La campagne d'Italie.


Arrivé à Nice le 26 mars 1796, il convoque ses généraux dès le lendemain. Lors de cette première réunion, son autorité naturelle convainc tout son Etat-major.


Il réconforte et encourage ses soldats par sa première proclamation restée célèbre  "Soldats ! Vous êtes nus et mal nourris, le gouvernement ne peut rien vous donner ... Je vais vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde ... Vous y trouverez bonheur, gloire et richesse ..."


L'armée qui est en face de celle de Bonaparte est une coalition composée des autrichiens et des sardes du royaume de Piémont-Sardaigne.



Bonaparte qui avait remarqué que les deux alliés protégeaient chacun leurs capitales, Milan pour les autrichiens et Turin pour les sardes, se lance au milieu des deux armées et les attaquent chacune à tour de rôle.
La progression de Bonaparte et de son armée est fulgurante, fin avril les sardes laminés demandent un armistice, il ne reste plus que les autrichiens.
Le 10 mai 1796, l'armée de Bonaparte franchi en force sous le feu des autrichiens un pont sur l'Adda. C'est un exploit qui contribuera à construire la légende. Cette bataille dite de Lodi est un succès complet. 
Les portes de Milan étaient ouvertes à l'armée de Bonaparte qui y entre en vainqueur le 15 mai 1796.



Le 17 novembre 1796, Bonaparte, doit un drapeau à la main, charger à la tête de ses troupes pour emporter un pont à Arcole. Après un combat de trois jours les autrichiens sont repoussés.




Bonaparte a encore gagné, mais la guerre n'est pas finie, les autrichiens se replient sur le plateau de Rivoli.


Deux mois plus tard, les autrichiens reviennent avec une armée encore plus nombreuse.

L'armée de Bonaparte bat les autrichiens du général Alvinczy à Rivoli le 14 janvier 1797. L'armée ennemi est en déroute et doit capituler le 2 février.



Bonaparte décide alors de marcher sur Vienne au devant de l'armée de l'Archiduc Charles, chef de la 4 ème armée autrichienne. Bonaparte bat les autrichiens à deux reprises, il est à cent kilomètres de Vienne lorsque l'empereur François II demande un armistice.


Le 13 avril 1797, Bonaparte et l'Archiduc Charles de Habsbourg négocie ensemble les préliminaires de la paix de Leoben. Les deux hommes ne cesseront de se confronter militairement et diplomatiquement jusqu'en 1809.


Après avoir, en mai, battu la République de Venise, Bonaparte s'installe près de Milan entouré d'une véritable cour. Il crée et organise en véritable chef d'état la République Cisalpine. Le 17 octobre 1797, le traité de Campoformio met fin à la guerre entre la France et l'Autriche qui sévissait depuis 4 ans.



L'expédition d'Egypte.


Bonaparte rentré à Paris fin novembre 1797 est accueilli avec enthousiasme par la foule. Il rencontre Talleyrand, est reçu solennellement par le Directoire le 9 décembre puis est élu le 25 décembre à l'Institut.
Trop jeune pour devenir Directeur, trop tôt pour le pouvoir, il pense à l'Orient.
Le Directoire donne son accord, le 12 avril Bonaparte est nommé, général en chef de l'armée d'Orient avec la mission de chasser les anglais de leurs possessions et de couper la route des Indes.
Le 19 mai Bonaparte quitte Toulon avec une flotte de 400 navires, près de 50 000 hommes et des représentants des Sciences et des Arts.

Le 10 juin 1798, les français s'empare de l'île de Malte en ayant réussi à éviter la flotte anglaise de l'amiral Nelson.

Bonaparte laisse 3000 hommes sur l'île et en confie le commandement au général Belgrand de Vaubois qui tiendra la place jusqu'au 3 septembre 1800, date à laquelle il est contraint de capituler face aux anglais et de rentrer en France. 



Le 19 juin la flotte quitte l'île de Malte et fait route vers Alexandrie. Le 2 juillet Bonaparte entre dans Alexandrie après une faible résistance. La flotte va mouiller dans la rade d'Aboukir.


Bonaparte continue sa route vers le Caire, c'est aux pieds des pyramides que l'armée française et les fameux mamelouks vont s'affronter. La légende dit qu'au matin de la bataille le 21 juillet Bonaparte ait dit "Soldats ! songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent".


Après avoir battu les mamelouks, les français entre au Caire le 21 juillet 1798.


La victoire des français est ternie par la destruction de la flotte française. La flotte britannique commandée par l'amiral Nelson, qui avait manqué de justesse à plusieurs reprises les français après une chasse de deux mois, découvre la flotte française dans la rade d'Aboukir.


La flotte britannique se scinde en deux et attaque la flotte française qui est prise au piège par un tir croisé. Après deux jours d'un combat acharné, les 1er et 2 août 1798, seulement quatre navires français réussissent à s'échapper.





Le tournant de la bataille fut l'explosion du vaisseau-amiral français "L'Orient" et la mort du commandant de la flotte, le vice-amiral François Paul de Brueys d'Aigalliers.



Cette victoire navale donne aux britanniques une position dominante en méditerranée qu'ils garderont jusqu'à la fin de la guerre.



Fin août 1798, Bonaparte charge le général Desaix de conquérir la Haute-Egypte. Il s'en charge avec succès, ses qualités d'administrateur font qu'il est respecté des égyptiens qui le surnomme le "Sultan juste".


Bonaparte tente de faire de l'Egypte un état indépendant, en organisant le pays par des directives et des décrets. Il dicte des règles d'hygiène, organise l'économie, les hopitaux, la police et crée l'institut d'Egypte le 22 août 1798. Bientôt les égyptiens le surnomme le sultan "El Kébir", c'est à dire "Le Grand Sultan".


Les savants qui avaient suivis Bonaparte dans l'aventure parcourent l'Egypte, font des croquis des monuments, dessinent des plans, notent et analysent tout ce qu'ils trouvent... Tous ces travaux seront rassemblés dans un gigantesque ouvrage de près de trente volumes qui paraîtra de 1810 à 1828. Cet ouvrage intitulé "Description de l'Egypte" est encore de nos jours une source importante d'informations et de documentations.



En février 1799, Bonaparte quitte Le Caire pour partir en Palestine et en Syrie au devant des troupes Ottomanes et de leur Sultan qui avait déclaré la guerre à la France le 9 septembre 1798. Bonaparte et son armée les bat à El Arich et à Gaza puis prend Jaffa le 7 mars.


La peste sévissait dans Jaffa lorsque l'armée française y pénétra. Elle se propagea dans l'armée et la peur s'empara des soldats. Le 11 mars 1799 Bonaparte, accompagné du docteur Desgenettes, visita les malades en n'hésitant pas à les toucher pour calmer les craintes de ses troupes.



Après avoir remporté des victoires à Nazareth et au mont Thabor en avril, à la fin du mois de mai, les troupes françaises ayant échouées plusieurs fois renoncent au siège de Saint-Jean d'Acre et se replient en Egypte.




Le 15 juillet 1799, les français découvrent la pierre de Rosette couverte de l'écriture hiéroglyphe que Jean-François Champollion réussira à traduite en 1822. Champollion, trop jeune pour avoir été de l'expédition, rencontrera Napoléon en 1815 à Grenoble lors du retour de l'île d'Elbe.
La pierre est un bloc de granit noir sur lequel on peut lire trois écritures différentes, d'abord les hiéroglyphes, au centre du démotique et en bas du grec


Le 25 juillet, l'armée turc débarquée à Aboukir est complètement détruite par les français.


Mi-août Bonaparte ayant reçu des nouvelles alarmantes de France, décide de rentrer. il embarque dans le plus grand secret pour la France le 22 août en laissant le commandement de l'armée d'Egypte au général Kléber.


Alors que Bonaparte va embarqué pour la France l'armée austo-russe commandée par le maréchal russe Souvorov bat les français à Novi le 15 août 1799. C'est la fin de la République Cisalpine crée par Bonaparte en 1796. 


L'armée de Souvarov sera anéantie par le froid dans les Alpes qu'il tenta de traverser le 25 septembre 1799.


Le 9 octobre 1799, Bonaparte débarque à Fréjus, le 16 octobre au matin il est à Paris. Joséphine n'est pas là !  Sa mère et ses sœurs en profite pour lui raconter les écarts de son épouse. 


Le coup d’Etat du 18 brumaire.


Sieyes, l'un des cinq Directeurs, cherche un homme fort pour l'aider à mener un coup d'état pour sauver les acquis de la Révolution. Il veut remplacer le Directoire par un exécutif de trois consuls. 


Bonaparte donne son accord, le 8 novembre il est nommé commandant de la garnison de Paris. Le 10 novembre, il est pris à partie par le Conseil des Cinq-cents qui l’accueille aux cris de : "A bas le dictateur". Murat doit intervenir en expulsant les députés hors de la salle de l'Orangerie.


Le soir même, le Conseil des Anciens et les députés des Cinq-cents, déclarent la fin du régime et l'installation d'un Consulat formé de trois hommes.


Bonaparte, Sieyes et Duclos sont proclamés consuls provisoires en attendant le vote d'une nouvelle constitution.
Sieyes tente d'imposer son projet de constitution, mais Bonaparte réussi à faire voter le sien le 12 décembre 1799.
Bonaparte est nommé 1er Consul, Cambacérès et Lebrun sont nommés simples consuls. Sieyes qui a échoué se contente de la présidence du Sénat.
La nouvelle constitution concentre le pouvoir exécutif entre les mains du premier consul dont la fonction est de promulger les lois, nommer les ministres, les juges, les hauts fonctionnaires, commander l'armée et décider de la politique nationale.


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